Réflexion sur l'intégration des enfants HDAA
On ne peut s'en cacher: l'intégration des élèves en difficulté dans une classe standard est un dossier chaud, voir brulant. On en a parlé beaucoup dans les dernières semaines. Le sujet n'a pas fini de faire couler de l'encre. L'ouverture d'esprit de la nouvelle ministre de l'éducation, Mme Beauchamps est définitivement à féliciter! Il y a toutefois certaines bémols qu'il m'est difficile de garder sous silence...
Dans la pratique, ce sont les directions d'école qui ont le dernier mot quant à la façon d'utiliser les services disponibles pour les EHDAA. Certains le nieront. Je vous affirme le contraire! Il y aura beau avoir des balises, si elles sont peu ou mal suivies, nous resterons là ou nous sommes. L'implication et l'encadrement de la direction d'école est donc primordiale dans la réussite des enfants différents. Les balises à suivre doivent être IMPOSÉES aux directions, et non pas simplement proposées. Il en a été question nul part à ce jour....
Il est faux d'affirmer que majoritairement, les enfants HDAA ralentissent les autres élèves de la classe. Je suis agacée d'entendre encore cette fausse défense !Bien sur qu'il y a ralentissement de plusieurs classes "hôtes". Mais il vient d'ailleurs.....
Que ceux qui doutent fassent le test suivant: vérifions auprès des élèves qui ont suivi des classes avec des enfants HDAA et, une année ultérieure, des classes exempts de ces enfants, et comparons le résultat scolaire des deux années. Je suis convaincue qu'il n'y aura pas de différence notoire. On va plus loin: sondons les élèves eux-même ainsi que leurs parents sur la question.... Je suis toute aussi convaincue que la majorité des répondant n'auront que de faibles commentaires négatifs à communiquer.
Pense-t-on réellement que les élèves en difficultés le seraient pendant de si nombreuses années si les profs s'y attarderaient en classe comme on le décrit dans plusieurs articles? Non! la mise en place de balises aidera l'enseignant à bien accompagner l'enfant en difficulté. Cela soulagera psychologiquement l'enseignant - car c'est de ce dépassement là qu'il est véritablement question! - et aura un impact réel sur la réussite scolaire des EHDAA.
La CSQ parle de l'intégration des handicapés comme s'ils étaient un véritable boulet pour l'enseignant. Mais est-ce vraiment le cas? De quoi parlons-nous vraiment quand on nomme "adaptation en classe"? Prenons par exemple, 2 enfants, l'un TDAH, l'autre Syndrome d'Asperger.
Pour l'enfant TDAH les adaptations à mettre en place seraient: faire ses examens dans un local à part; lui accorder une période de révision 1 à 2 x semaine pendant la récréation ou le diner; lui donner une cédule de devoirs quotidienne (pas hebdomadaire). Lui permettre plus de temps pour répondre aux questions de son examen. Lui permettre d'être assis à l'avant près de l'enseignant et du tableau. Etc.
Pour l'enfant avec S.A., l'intégration est de loin moins exigeante pour l'enseignant puisqu'il a avec lui un travailleur en éducation spécialisée (T.E.S.) qui s'occupe de l'enfant. Cette personne lui permettra plus de temps pour répondre aux questions de son examen. Elle lui choisira un pupitre situé à l'avant et près de celui de l'enseignant. Elle l'aidera à développer avec l'enfant des méthode afin de tempérer ses angoisses. Et lorsqu'il y aura crise, elle sera la personne responsable de la gérer. La présence de cette fameuse T.E.S ne nuit pas aux autre élèves: elle leur ouvre l'esprit, retire leurs préjugés et leur permets une acceptation réelle de la différence. Ce n'est pas aux enfants, que leur présence dérangent... mais bien aux adultes... Parce que l'enseignant n'est pas préparer à cette si proche collaboration...
Socialiser un jeune qui a des carences en habilités sociale , c'est lui garantir un avenir dans la société! Il y en aura de plus en plus, dit-on. Imaginez s'ils deviennent des adultes mésadaptés socialement! D'abords parce qu'une majorité d'entre eux ont la capacité intellectuelle de suivre normalement leur scolarité; ensuite, parce que si on les repousse dans des classes spécialisées à pathologies mixtes telles qu'elles le sont présentement , on les tire vers le bas. Conséquences: risques considérablement plus élevés de devenir un "décrocheur", et/ou un dépendant social... Travailler sur nos jeunes différents, leur permettre d'apprendre notre société, c'est de faire d'eux des adultes mieux dans leur peau et indépendants. Le débat n'est pas que pour aujourd'hui et maintenant: il aura un impact sur le futur de toute la société québécoise...
Tiens, justement! Dans aucun article, on fait mention de la clause des accommodements raisonnables touchant les personnes handicapées, soit : "l’obligation d’accommodement raisonnable est applicable dans les cas de discrimination, c’est-à-dire dans les situations où une personne, en raison d’une caractéristique qui lui est propre et qui constitue un motif reconnu par la Charte des droits et libertés de la personne (un handicap, une conviction religieuse, le fait d’être enceinte, etc.), ne peut exercer un droit qui lui est reconnu si on applique la règle générale, sans tenir compte de la situation particulière de la personne."
Les réajustements mentionnées si haut ( formation adapté à la réalité d'aujourd'hui des spécialistes et des enseignants ( une session de plus, au max.) , hausse du nombre de T.E.S, adaptation et division des classes spécialisées par sévérité de la pathologie et la capacité des élèves, une plus grande stabilité des spécialistes) sont tous réalisables... Il n'est pas ici question d'intégration à tout pris, mais plutôt d'un intégration saine et efficace tant pour l'enseignant, l'école que l'enfant. Et ce, pour un grand nombre d'EHDAA.
N'est-ce pas là le réel point de départ????